Réflexion

Tiens ma main papa

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Ne laisse pas ma main papa, on avance…Regarde bien, ne manque rien. Depuis le mois de décembre 2016, chaque seconde que je vis en est une de plus que tu n’as pas eu la chance de pouvoir vivre. Tu nous a quitté en 1989, à l’âge de 57 ans. J’ai donc vécu un mois de plus que toi. Malgré cela, je suis heureux car tu es avec moi depuis ce temps, je te tiens par la main et je t’emmène plus loin, plus loin, encore plus loin…Tu sais, je suis rempli de gratitude de pouvoir être encore ici à pouvoir profiter de chaque moment que la vie a à m’offrir. Viens papa, on avance, il y a plein de choses à voir, à entendre, à sentir, à ressentir, à toucher, à goûter, à aimer…à vivre!

Mon métier

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Métiers formidables que les nôtres; metteurs en scène, concepteurs, acteurs. Métiers de plusieurs adieux aussi. Depuis 35 ans, je rencontre des gens admirables sur les plateaux de tournage, dans les équipes de production au théâtre, et évidemment sur la scène aussi, se déguisant et faisant semblant de jouer avec moi. Ces personnes que j’aime très fort, que j’apprécie énormément, je les quitte à la fin de chaque production, de chaque tournage, de chaque film que je double. Oh oui, bien sûr, on se promet mer et monde : « On s’appelle! On se fait un lunch! On va travailler ensemble à nouveau c’est certain! » Parfois, oui, nous réussissons à tenir nos promesses et à nous revoir. Souvent malheureusement, tous ces gens à qui nous avions promis, tous ces gens avec qui nous étions certains de pouvoir poursuivre une relation d’amitié durable et importante…disparaissent. Le fameux tourbillon de la vie… Je les vois souvent à la télévision, au théâtre, au cinéma et je me rappelle tous ces beaux et bons souvenirs de partages intenses d’émotions sur scène, sur les plateaux et ailleurs, je ressens à nouveau tous ces rires. Mais surtout l’amour. L’amour me revient, me remplit comme une chaleur au plus profond de mon cœur. J’aime mon métier, et je dois m’y faire. C’est un métier de grand bonheur. C’est un métier d’adieux.

L’âgisme

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Ces personnes qui n’aiment pas les gens âgés.  Ils ne voient pas l’utilité de leur existence. En fait, je crois que lorsqu’ils rencontrent une personne âgée, ils se retrouvent en face de ce qu’ils ont peur de devenir. Par la même occasion, ils ont peur de la mort. S’ils voyaient un cadeau dans le fait de vieillir, ils n’en auraient pas peur. Oui, un cadeau, car vieillir est une chance. Malgré tous les maux, je crois que vieillir est un cadeau, sincèrement. Plusieurs personnes nous quittent, nous laissent sur la route mais nous, nous pouvons rester. Il s’agit d’en profiter. Vieillir est une transition nécessaire qui fait partie intrinsèque de la vie. Ces gens qui ont peur de la vieillesse et surtout ceux qui jugent et font preuve de discrimination envers les personnes âgées sont de grands esseulés, malheureux, qui ont besoin d’une raison de vivre, sinon, ils abandonneraient le navire. Le fait de provoquer des réactions, quelles qu’elles soient, en rejetant les vieux, leur donnent souvent l’illusion d’une quelconque utilité. C’est triste. Et malheureusement « l’âgisme » se retrouve, c’est ce qui est pervers, chez nos employeurs, dans notre système de santé, dans nos banques, aux nombreux services à la clientèle. Apprendre de nos ainés, les écouter, les aimer, c’est une question d’éducation à la source même de ce que nous sommes. L’expérience nourrit, elle n’est pas à rejeter, au contraire.

Je t’aime

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Oui je sais, je savais, intellectuellement, que rien n’est éternel, qu’inévitablement nous mourrons tous un jour. Depuis quelques années, je le réalise émotivement, toutes les semaines, presque tous les jours. Ça fait partie du processus de vieillissement j’imagine? Le métier, les parents, la famille, les enfants, les amis…tout est en mouvement, tout change, tout se transforme. Aujourd’hui j’ai envie d’oublier les froids, les incompréhensions, les différends, la rancoeur. Aujourd’hui, j’ai envie de te prendre dans mes bras et te dire: « Je t’aime malgré tout. Oui, malgré tout. Oublions ce qui nous éloigne, ce qui nous a séparé, c’est si petit; profitons de l’amour immense que nous avons à donner et ouvrons-nous à recevoir celui qui nous est offert. Il reste de moins en moins de temps. C’est court. Je t’aime fort. X

Alain

Les amis de la ruelle

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Quand je jouais, petit, avec vous mes amis, dans la ruelle, j’adorais monter des spectacles et tourner des films 8mm. Vous aviez la gentillesse de participer et de vous plier à mes idées les plus folles. Parfois je jouais dans ces chefs-d’oeuvres, mais pas toujours. Je me rends compte maintenant, suite au décès de mes deux parents acteurs, que le métier de comédien s’est présenté à moi comme une évidence. J’ai sauté dedans à pieds joints, sans aucune appréhension, mais surtout, sans aucune forme de questionnement, quel qu’il soit. Aujourd’hui, un tout petit peu plus vieux, je réalise que j’ai fait l’acteur en grande partie pour montrer à mes parents que je pouvais faire comme eux. Je voulais les épater, être aimé d’eux, encore plus. Par contre, la mise en scène elle, même si elle s’est développée suite à beaucoup de réflexion, est avec moi depuis toujours. Oui, depuis les appels téléphoniques que je faisais à chacun de vous. Il me semble que la phrase que j’utilisais était: « Heille Stéfan, (ou Francine, ou Réjean ou n’importe lequel de vous tous)…Heille, ça te tentes-tu de faire un film?..Envoye-donc! Ça va être le fun!  » Maintenant, à 57 ans, j’en ai des boites pleines de films. Des histoires de fous, souvent absurdes, avec toutes vos belles faces! Mon Dieu qu’on avait du plaisir, vous vous souvenez? Ensuite, après le tournage « dans l’ordre », donc sans montage, après avoir envoyé le film par la poste chez Kodak, l’attente de le recevoir développé, qui durait environ une semaine, était insoutenable et quand la minuscule bobine de deux minutes arrivait par la poste, le visionnement tant attendu lui, devenait l’évènement du siècle. Aujourd’hui, 30 avril 2016, c’est la dernière représentation du « prince des jouisseurs » (c’est le titre de la pièce). C’est aussi la dernière fois que je monte sur une scène, après 35 ans et environ 60 pièces. Et oui, je pense à vous, mes amis de la ruelle.

La compassion

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Oui, je crois en la compassion, je crois au partage, je crois en la vérité, à la gentillesse, à l’amour. Non, je ne crois pas qu’en étant le plus « ordinaire » possible, le plus « comme tout le monde » possible, on se dépasse. Je ne crois pas qu’en se disant les « vraies affaires », sans respect et sans classe, on grandit. Je ne crois pas que sans art, on s’épanouit. Je crois en l’éducation et en la culture. Je crois même qu’avec la culture et l’éducation il y aurait plus de compréhension et moins de guerre. Je crois en toi, je crois en moi, je crois que quand je vais mourir c’est à toi que je vais penser, pas à mon travail. Je crois en l’amour et je crois en la compassion.

Restauration

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Pour en finir avec le sujet: chers amis serveurs et serveuses de restaurants, de plusieurs restaurants, de tous les styles, de tous les prix: « appétit » est un nom masculin. Oui. On dit: UN bon appétit. Le fait de faire la liaison entre le mot « bon » et le mot « appétit » fait que phonétiquement on entende: « BonNE appétit », mais ce n’est que l’effet de la liaison: « appétit » est masculin. Oui, juré.Inutile de dire qu’il est correct de le souhaiter ce bon appétit, mais pas de le suggérer, comme je l’ai déjà entendu. On m’a déjà dit: « j’ vous suggère une bonne appétit ». C’est gentil mais ça se dit pas. 

J’interviens avec un amour sincère et un grand respect pour les serveurs et serveuses de tous ces restaurants que je fréquente et fréquenterai presque tous les jours. X